Le devoir de mémoire !
Un exercice difficile...

Nous n’avons pas de scrupule à en convenir, il nous continue d’apparaître que l’activité qui consiste à qualifier d’un “bon papier” le travail d’un créateur n’est pas si aisée qu’on pourrait le penser. A t-on assez ironisé sur le “dur” métier de critique gastronomique ?

Combien de fois avons-nous entendu regretter que la cuisine soit la seule discipline “notée” par des examinateurs aux compétences invérifiables. Toute la difficulté consiste à travailler seul et sérieusement, à multiplier les repas, les établissements, les visites, les points de vue sur les Maisons considérées, à savoir pondérer ses jugements radicaux.

À ne pas trop se prendre au sérieux, car ni la cuisine, ni la critique ne sont des sciences exactes, tout en respectant le beau et dur métier qui consiste à bien recevoir.

Nous connaissons assez les chefs, les hôteliers, les artisans des métiers de bouche, les vignerons, mais en rédigeant notre guide, nous pensons également aux lecteurs du p’tit Jacques de plus en plus nombreux, soucieux d’informations fiables, claires, aisément utilisables.

Le devoir de Mémoire. Aussi avons-nous pris le parti de faire figurer des restaurants où l’on redécouvre une cuisine familiale, de ménage, régionale, d’antan, les recettes de grand-mère. Ce sont les nouveaux “trésors vivants” de cet “Art de vivre”.

Nous vous devons ce devoir de mémoire. Et, faut-il le rappeler ? Notre travail est une sélection qui ne se prétend aucunement exhaustive.

Et si le produit “populaire” était devenu le nouveau produit de luxe ?

Le désir du produit vrai est propre à tous. On pensait la grande cuisine à la traîne, ankylosée dans son classissisme et peu enclin à oser à “moléculariser”. Un classement anglais des “meilleurs restaurants du monde” reléguait nos grands chefs en troisième ligne ! Il n’y a pas de quoi s’ébaudir, mais plutôt se larrer. On peut vous l’assurer, la cuisine française se porte bien, très bien même et quelques grands chefs comme Joël Rebuchon, sont venus le rappeler fort opportunément : “La gastronomie française a bien des ressources, des talents, des idées et de l’avenir”. Et ! Le produit “populaire” est de plus en plus à l’honneur sur les cartes des plus grands comme sur l’ardoise d’un bistrot. Accros aux bons petits plats de grand-mère, une clientèle de plus en plus large, diversifiée, cosmopolite, hétéroclite, en redemande.

La cuisine française était-elle devenue passéiste ? Non !

Les plus grands chefs actuellement en exercice à l’étranger sont presque tous venus de France ou se sont formés en France. La France est l’école de la cuisine, le berceau. Alors que penser du classement du magazine Restaurant ? C’est une blague, une vaste blague. On a beaucoup glossé, nous nous sommes larrés. En se penchant sur le terroir français, il y a des agriculteurs, des producteurs, des artisans, des vignerons, des cuisiniers, tous passionnés mais parfois en grande difficulté. À tout prix, il faut préserver cette diversité, c’est un trésor national et c’est le coeur, l’âme de la gastronomie française. En cuisine, il ne faut pas être un iconoclaste, mais il faut également sans cesse créer pour avancer ?

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